Les révolutions de 1820, 1830 et 1848

Les différents cycles révolutionnaires qui se sont déroulés en Europe au cours de la première moitié du XIXe siècle, parmi les plus importants en 1820, 1830 et 1848, ont eu comme principaux axes idéologiques le libéralisme, le nationalisme et le radicalisme démocratique. Les révolutions de cette période sont libérales, dans la mesure où elles favorisent l’établissement de régimes constitutionnels parlementaires, et ce sont des phénomènes fondamentalement urbains.

Le cycle révolutionnaire de 1820

Les révolutions de 1820 ont eu lieu principalement dans les pays de l’arc méditerranéen. Il s’agissait de mouvements dirigés par des minorités, au programme « large » imprécis, de tendance libérale et radicale-démocrate. Tous les mouvements révolutionnaires de 1820 se caractérisent par la participation des classes populaires. Sauf en Grèce, les autres échouent.

Madrid en 1820
Cette gravure recrée le moment où la Constitution de Cadix est proclamée sur la Plaza Mayor de Madrid en 1820. Source : Musée d’Histoire, Madrid.

La première vague révolutionnaire a eu lieu à partir de 1820 à :

  • Espagne (janvier 1820), sous le commandement du général Riego, les troupes s’entassent.
  • Portugal (juillet 1820).
  • Péninsule italienne : Naples (1820). Piémont (mars 1821).
  • Grèce : 1821. Insurrection des Grecs contre l’Empire ottoman, mélange de libéralisme et de nationalisme.
  • Empire russe (décembre 1825). Tentative libérale. Révolte décembriste ou Soulèvement décembriste, jeunes officiers de l’armée russe, soutenus par quelques aristocrates libéraux russes. Complot raté. Il a été proposé de mettre fin à l’autocratie tsariste. Le soulèvement est vaincu par le nouveau tsar, Nicolas Ier (1825-1835), brutalement écrasé.
Révolutions Libéraux 1820

Caractéristiques générales des mouvements révolutionnaires de 1820 :

Les révolutions de 1820 ont eu lieu dans les pays où le retour à l’absolutisme avait été le plus fort, après la restauration de l’ancien ordre européen au Congrès de Vienne en 1815. Et elles ont également eu lieu là où les idées napoléoniennes avaient eu le plus d’influence, notamment en Espagne et Naples. Ce furent des révolutions minoritaires, éminemment libérales, mais à tendance modérée.

À Naples, la révolution a été organisée et menée par des secteurs de la moyenne et de la haute bourgeoisie. Des élites politiques qui conspirent clandestinement, en raison de la politique répressive de leurs gouvernements. C’étaient des élites organisées en sociétés secrètes, dont la plus importante était “La Charbonnerie“, fondée à Naples en 1810.

Tant en Espagne qu’à Naples, les révolutionnaires ont tenté d’obtenir :

  • Renversement des gouvernements absolutistes. Ils utilisent la formule du « prononcé militaire », qui consistait en une rébellion militaire dans laquelle les officiers se soulèvent contre le pouvoir établi. C’est un changement politique sans grands bouleversements sociaux. En 1820, le général Riego s’est mutiné avec l’armée et s’est prononcé en faveur du rétablissement de la Constitution de 1812 et a forcé Ferdinand VII à établir une monarchie libérale entre 1820 et 1823 (triennium libéral).
  • Vaste programme politique. Du fait d’être un front commun, il cachait d’importantes différences idéologiques entre eux. Agglutiné différentes manières d’appréhender le libéralisme.
  • Ils se rebellent contre l’absolutisme et sont en faveur d’une constitution.
  • En conséquence, il y a eu des affrontements entre libéraux : entre modérés et démocrates libéraux.
  • En Espagne, ces différences se manifestent entre les modérés et les exaltés. Les “doceañistas” modérés sont favorables à l’implantation de la Constitution de 1812. Les “exaltados” représentent la tendance du radicalisme modéré. Cela va au-delà des revendications libérales.

Un point commun à tous les mouvements révolutionnaires européens est qu’ils revendiquent tous la Constitution espagnole de 1812, parce qu’elle s’inspirait de la Constitution française de 1791. La Constitution espagnole de 1812 était complètement libérale parce qu’elle prévoyait une monarchie constitutionnelle, avec un roi avec de larges pouvoirs, comme le veto suspensif, par lequel le monarque peut rejeter toute proposition du parlement et où il peut nommer les ministres. Il dessine un parlement à deux chambres. Le vote était limité aux hommes et aux propriétaires, ce qui agit comme un filtre basé sur la position sociale et le sexe. Et accordé un statut privilégié à la religion catholique et la censure en matière religieuse.

Jurament constitucio 1812
Ferdinand VII, roi d’Espagne, jure la Constitution de 1812 après la déclaration du général Riego en 1829.
Source : Musée romantique, Madrid.

Mais la révolution de 1820 est un mouvement mené par des élites urbaines, qui ignorent complètement les revendications sociales du monde rural. Ils se sont manifestés en faveur d’une politique agraire modérée, pour les intérêts économiques des mêmes protagonistes des révolutions libérales. Inattention motivée par une méconnaissance totale du monde paysan.

Les libéraux participent à une culture politique urbaine et bourgeoise, qui s’est éloignée de la culture traditionnelle, profondément enracinée dans les zones rurales. Cela a conduit à l’échec des mouvements libéraux. Les mouvements libéraux se sont heurtés à une opposition paysanne. Ce qui s’est passé en Espagne pendant le triennat libéral était :

En politique agraire : la confiscation des biens ecclésiastiques et civils (municipaux) se développe. À cette époque, les bâtiments comme le moulin ou la boucherie étaient propriété des communes. La propriété était détenue par la municipalité et les revenus générés allaient dans les caisses municipales avec l’obligation de couvrir les besoins sociaux. Et il y avait aussi les biens communs, qui appartenaient à la communauté, comme les montagnes. Les revenus générés par l’exploitation de ces biens étaient répartis entre tous les voisins qui en avaient le droit.

Dans quelle mesure la politique agraire du triennat libéral a-t-elle affecté les paysans ? Ils n’en ont pas profité du tout, car les paysans n’avaient pas assez d’argent pour participer aux enchères promues par l’État pour acheter les terres désaffectées. Et ils ont aussi perdu les droits traditionnels d’exploitation : ils vont être privés de pouvoir profiter des pâturages, du bois de chauffage… Les libéraux voulaient la parfaite propriété privée.

La politique agraire des libéraux espagnols tournait autour de la promulgation de dispositions sur les régimes seigneuriaux qui conduisaient à la reconnaissance des propriétés de la noblesse. En juin 1821, le gouvernement décide de réduire de moitié le paiement de la dîme et d’instaurer un nouveau système de cotisations qui augmente considérablement le paiement des impôts.

Cette politique agraire donne naissance à un mouvement rural antilibéral (le carlisme). Les paysans ont été touchés par des politiques libérales qui ne défendaient pas leurs intérêts. Ils ne considéraient pas la révolution comme la leur. Ces paysans, qui ne possédaient pas leur terre, étaient la classe sociale la plus exploitée de l’Ancien Régime.

Les mouvements libéraux étaient opposés par les grandes puissances conservatrices qui composaient la Sainte Alliance. Le système des congrès, ou « système Metternich », qui avait pour objectif le maintien de l’ordre et de la paix entre les États européens, fut mis en place pour lutter contre les révolutions libérales :

  • Le congrès de Ljubljana décida d’une intervention militaire dans le Piémont en 1821.
  • Le Congrès de Troppau de 1820 décide d’intervenir à Naples pour réprimer la révolution. Naples tombe aux mains de l’armée autrichienne.
  • Le Congrès de Vérone de 1822 autorise la France à intervenir en Espagne, avec l’invasion bien connue des “100 mille fils de Saint Louis“, qui entrent dans le pays en 1823.

Les révolutions libérales de 1820 sont écrasées, sauf celle de Grèce. Pourquoi pas en Grèce ? Le mouvement grec avait l’aide de puissances étrangères (Russie et Royaume-Uni). Les deux puissances étaient très intéressées par le contrôle de cette zone.

Pour développer une politique de paix européenne, la plus grande menace était « la question de l’Est », ou de l’Est. Cette zone était une poudrière. En premier lieu, la faiblesse de l’Empire ottoman et aussi le début du réveil des peuples balkaniques soumis à son contrôle, sans compter l’intérêt croissant de la Russie et la volonté déterminée des Britanniques de l’empêcher à tout prix. L’Angleterre et la Russie avaient des relations très tendues à cette époque.

Les révolutions de 1830

En 1830, une série de révolutions se développe en Europe. Beaucoup d’entre eux ont réussi, comme celui qui a conduit à l’indépendance de la Belgique vis-à-vis du Royaume des Pays-Bas.

Les objectifs des mouvements révolutionnaires de 1830 étaient :

  • La lutte du libéralisme contre l’absolutisme.
  • La lutte des nouvelles classes moyennes, la bourgeoisie, contre l’aristocratie.
  • La lutte du nationalisme contre les occupants étrangers.
Révolutions libéraux 1830

Contrairement aux révolutions de 1820, les révolutions de 1830 ont lieu en France, aux Pays-Bas, en Pologne, et dans les duchés de Parme et Modène.

Caractéristiques du mouvement révolutionnaire de 1830

Surtout dans le cas de la France, il y avait maintenant une plus grande participation des secteurs urbains populaires. Le schéma élitiste des révolutions de 1820 est dépassé, les révolutions de 1830 précipitent la désagrégation progressive de l’ordre politique qui émerge après la Restauration.

La liberté guidant le peuple (Eugène Delacroix)
La Liberté guidant le peuple (Eugène Delacroix, 1830). Peinture à l’huile. On peut le voir au Musée du Louvre à Paris. L’œuvre est directement inspirée des journées révolutionnaires à Paris en 1830.

C’est encore la France qui a déclenché la vague révolutionnaire. Le peuple de Paris, resté muet depuis 1789, se soulève en 1830 dans les journées des 27, 28 et 29 juillet, “les trois glorieuses”. Ils n’ont plus recours au prononcé militaire, mais à des barricades, improvisées avec n’importe quel matérielles : voitures, tonneaux, sacs de terre, pavés… Pour affronter les forces armées. La Révolution parisienne réussit à renverser la monarchie de la Maison des Bourbons (qui ne régnera plus jamais en France). Et il a transformé l’instabilité politique de l’ère européenne en mouvements révolutionnaires. Entre 1830 et 1831, l’Europe renoue avec la vague révolutionnaire de 1789.

Points des révolutions de 1830

  • Belgique, août 1830.
  • Pologne, novembre 1830. Ils se sont rebellés contre la Russie. La question polonaise est devenue une cible pour les libéraux.
  • Italie, février 1831. Des révolutions éclatent, avec un échec presque immédiat.
  • Des émeutes ont eu lieu dans les États allemands, en Suisse, au Portugal et en Espagne (guerres civiles entre libéraux et absolutistes).
  • En Angleterre, il n’y a pas eu de telles révolutions. Cependant, ce furent des années de grands bouleversements sociaux. Le mouvement de radicalisme démocratique anglais était en lutte et réussit à imposer certaines de ses idées dans la réforme parlementaire de 1832, où le recensement électoral fut élargi, augmentant le pouvoir parlementaire de la bourgeoisie contre le grand pouvoir des propriétaires terriens (le droit de vote pour une grande partie de la classe moyenne).

Lors des révolutions de 1830, c’est le triomphe du libéralisme modéré en France, accompagné de la composante nationale en Belgique. En France, la haute bourgeoisie est arrivée au pouvoir.

Les révolutions de 1830 ont également conduit à une expansion du radicalisme démocratique avec des éléments socialistes à travers l’importance que la petite bourgeoisie et les ouvriers ont acquise dans certaines villes (Paris et plus tard Lyon). Apport important du mouvement néo-babouviste (disciples de Gracchus Babeuf, 1760-1797). Ce mouvement a été très pertinent dans le développement de l’égalitarisme. En 1830, un mouvement d’ouvriers et de démocrates radicaux est lancé en France, centré à Paris et à Lyon (1831, Révolte des canuts).

Le succès ou l’échec de ces révolutions dépendait :

  • De la corrélation des forces dans chaque état.
  • Le degré de développement économique et social de chaque État.
  • De l’importance des puissances victorieuses qui s’organisent dans la Sainte-Alliance.
  • En France, pourquoi la révolution a-t-elle triomphé ?
    • Il y avait un certain degré de développement économique et social.
    • La bourgeoisie avait un poids social et économique considérable.
    • Il n’y a pas eu d’intervention militaire étrangère, car la France faisait partie de la Quadruple Alliance.

Dans le centre de l’Italie, les révolutions ont été réprimées par les troupes autrichiennes. Une intervention militaire étrangère a eu lieu. Peu de représentation de la bourgeoisie, ce qui réduit la possibilité de succès du mouvement révolutionnaire.

La Pologne était une société profondément agraire. L’agriculture était peu évoluée, avec un système de rotation des cultures de trois ans sans jachère. On retrouve une structure de propriété contrôlée où la noblesse contrôlait la majeure partie des terres. L’Église et la noblesse conservaient une grande importance et l’industrialisation avait à peine eu lieu.

La Révolution de 1830 en France

La Révolution de juillet 1830, après trois jours de guerre de rue, réussit à renverser la monarchie des Bourbons (roi Charles X) et à établir une monarchie libérale modérée, sous le règne de Louis-Philippe Ier (1830-48).

Bataille à l'Hôtel de Ville, 1830, par Jean Victor Schnetz
Bataille à l’Hôtel de Ville, 1830, par Jean Victor Schnetz

Cause immédiate de la Révolution de 1830

Le dernier roi de la maison des Bourbons en France, Charles X, a régné avec le soutien d’hommes politiques d’extrême droite. Son règne a donné au gouvernement du pays une tournure involutionniste. Le mouvement révolutionnaire a commencé après la proclamation de nouvelles ordonnances, le 25 juillet 1830, alors qu’il y avait une forte opposition au gouvernement dans la chambre, composée des forces bonapartistes et républicaines. Les ordonnances visaient à réduire le pouvoir que l’opposition avait dans un Parlement avec de nombreux députés hostiles. Que recueillaient ces ordonnances ?

  • Suspension de la presse.
  • Dissolution des caméras.
  • Nouveau régime électoral, avec des règles beaucoup plus restrictives. De nouvelles élections sont convoquées pour septembre 1830.

Dans les premiers instants, les politiciens de l’opposition se sont limités à discuter des différents textes. Ce que personne n’imaginait, c’est que les manifestations de rue spontanées allaient tout changer. Pourquoi cette fois les classes ouvrières urbaines ont-elles soutenu les mobilisations qui allaient aboutir à une révolution ?

Pour le comprendre, il est essentiel d’évoquer la crise économique que subit la France depuis plusieurs années et qui a généré de grands troubles sociaux. En 1825, il y a eu une aggravation de l’économie nationale, à la suite d’une crise financière. Les troubles sociaux furent aggravés par les mauvaises récoltes de 1828 et 1829. Et cet épisode provoqua la réduction du pouvoir d’achat de la population. Les produits sont devenus plus chers et, par conséquent, il y a eu une baisse de la demande pour un certain nombre d’articles, ce qui a entraîné la fermeture de quelques usines. Cela a fini par provoquer une baisse considérable de la production industrielle française.

L’historien français Ernest Labrousse a écrit dans “Histoire économique et sociale de la France,” que la crise économique était antérieure à 1830, et qu’elle a conduit à un mécontentement politique qui a aiguisé les motifs de protestation contre le gouvernement, qui était principalement responsable de cette crise.

Le marquis de Lafayette, partisan de Louis-Philippe d’Orléans, a trouvé quelque chose qui lui a échappé des mains. Lafayette décide de se mettre à la tête d’un mouvement qu’il n’a pas amorcé, de le canaliser et de le conduire à une solution modérée. La consolidation de cette monarchie sous le libéralisme était une garantie pour les puissances absolutistes, un moindre mal contre les dangers que pouvait représenter une révolution continue.

Après les révolutions de 1830, il y a eu une division du continent européen en deux zones :

  • Le Royaume-Uni et la France rapprochent leurs positions. Ce sont des puissances libérales, par opposition à l’absolutisme.
  • L’Europe des puissances absolutistes : Russie, Autriche, Prusse.

La France et le Royaume-Uni soutiennent, en 1834, les constitutionnalistes espagnols et portugais. En Europe, des solutions concertées s’élaboraient face aux révolutions : un fait qui impliquait l’incorporation des élites bourgeoises dans les gouvernements.

Les révolutions de 1848

Les crises économiques (dans les sphères rurale, industrielle et financière) et les crises politiques et sociales sont les principales causes du cycle révolutionnaire de 1848. L’étude de ces révolutions pose des problèmes pour déterminer où se situent les différents foyers. Étant donné le panorama d’hétérogénéité de ses causes, il faut garder à l’esprit les caractéristiques différentielles des révolutions de 1848 dans chaque pays.

Révolutions libéraux 1848

Principales sources de flambées révolutionnaires :

  • Déclenchement de la révolution à Palerme (12.01.1848).
  • Déclenchement de la révolution à Paris (22.02.1848).
  • Déclenchement de la révolution à Baden (1.03.1848).
  • Début de l’insurrection de Munich (3.03.1848).
  • Déclenchement de la révolution à Vienne et démission de Metternich (13.03.1848). Déclenchement de la révolution à Buda et Pest (15/03/1848).
  • Déclenchement de la révolution à Berlin (18.03.1848).
  • Déclenchement de la révolution à Milan (18.03.1848).
  • Insurrection de la Grande Pologne (20.03.1848).
  • Déclenchement de la révolution à Venise (22.03.1848).
  • Soulèvement en Moldavie (avril 1848).
  • Début de l’insurrection de Palatinat (2.05.1848).
  • Insurrection de mai à Dresde (3.05.1848).
  • Déclenchement de la révolution en Transylvanie (15.05.1848).
  • Début de l’insurrection de Prague (12.06.1848).
  • Soulèvement en Valachie (juin 1848).
  • Le pape Pie IX fuit Rome (24.11.1848).

Principales revendications des révolutionnaires :

  • France : type politique et social.
  • Hongrie : caractère national.
  • Il existe des facteurs communs qui affectent chaque territoire à de divers degrés : les changements politiques et sociaux vécus en Europe dans la période 1789-1848 et la révolution industrielle.

Deux types de causes expliquent le mouvement de 1848 :

  • Crise économique qui a touché l’Europe de 1845 à 1848.
  • Crise politique et sociale causée par le mécontentement généré par la crise économique. En France, la chute de la monarchie orléaniste est motivée par l’aggravation de la situation économique du pays. Entre 1845 et 1848, il y a eu une perte de 4 récoltes, suivie de la crise de la pomme de terre en Irlande qui a produit une grande famine sur l’île. Diminution de 25 % de la population : 40 % meurent de faim et de maladie et les 60 % restants choisissent d’émigrer aux États-Unis.

Caractéristiques des révolutions de 1848

Toutes les révolutions ont eu lieu au printemps du 1848 et avaient des composantes idéologiques communes dans le libéralisme, le nationalisme et le radicalisme démocratique. Les révolutions de 1848 se déroulent presque simultanément, entre février et mai 1848 et se répandent dans une grande partie de l’Europe. Des révolutions ont eu lieu en France, dans l’empire des Habsbourg, en Prusse et dans la péninsule italienne. Et notamment dans des villes comme Paris, Francfort, Berlin, Milan, Venise, Rome, Palerme…

Revolució de 1848 a Berlín
Révolutions de 1848 à Berlin

Les révolutions de 1848 ont été qualifiées de “Printemps des peuples”, ainsi connues pour la saison du printemps et en allusion à la manifestation du nationalisme dans les États allemands, la péninsule italienne et aussi l’Empire autrichien. Il y a aussi des revendications libérales, venant de la grande bourgeoisie et du radicalisme démocratique, mais aussi de la petite bourgeoisie et des secteurs populaires.

En France, la participation des travailleurs urbains parisiens était essentielle. Georg Simmel dit que “depuis 1830, il y avait une conscience croissante de la classe ouvrière en France”.

Mais les révolutions se sont soldées partout par des échecs après une phase de réussite momentanée. Vers la fin de 1848, le sort était décidé et contre les révolutions. C’est à l’été 1848 que les derniers foyers rebelles s’éteignirent. Dans la péninsule italienne, la révolution fut écrasée par l’intervention des troupes françaises et en Hongrie par l’intervention des armées autrichienne et russe, qui mit fin à la révolution en août 1849 (la Hongrie avait proclamé son indépendance le 14 avril).

Pourquoi les révolutions de 1848 ont-elles échoué si rapidement ?

  • Pour l’abandon par le libéralisme des prétentions révolutionnaires. L’historien Eric Hobsbawm l’explique très bien : en 1848-1849, la bourgeoisie se rendit compte que la révolution était dangereuse et que certaines de ses revendications pouvaient être satisfaites sans révolutions.
  • À cause des conflits entre nationalismes. L’empire des Habsbourg et le Royaume-Uni se disputent l’hégémonie allemande.
  • Parce que l’implantation du mouvement ouvrier était encore faible.
  • On ne peut pas considérer que les révolutions de 1848 aient constitué un épisode historique sans précédent. On ne pouvait pas gouverner dos au peuple, il fallait compter sur l’opinion publique. Louis Napoléon III, en décembre 1848, sera proclamé président de la République française.

Pendant les révolutions de 1848, l’abolition des relations de servage dans l’empire des Habsbourg a eu lieu. C’était une concession faite par peur des soulèvements paysans, pour éviter de plus grands maux. En Russie, le servage n’a été aboli qu’en 1861, et en Roumanie en 1864. L’abolition du servage dans le reste des pays a eu lieu sous le régime napoléonien.

Ces révolutions ont été une étape importante dans la création d’une conscience nationale en Italie, et plus généralement les révolutions ont contribué à une rupture définitive avec l’époque de la Restauration.

Europe après 1848

La bourgeoisie, qui faisait déjà partie de la haute bourgeoisie, arrive au pouvoir après 1848. La haute bourgeoisie entretient des alliances avec des secteurs de l’Ancien Régime. Le conservatisme s’est imposé comme l’idéologie politique dominante. Le nationalisme est de plus en plus au service de la création de nouveaux États : en 1870 a lieu l’unification de l’Italie et en 1871 celle de l’Allemagne. Les courants socialistes se sont manifestés comme un danger déstabilisateur à partir de 1828 et durant la seconde moitié du XIXᵉ siècle.

Les révolutions de 1848 sont devenues la ligne de partage entre la première et la seconde moitié du XIXe siècle. C’est la fin logique d’un processus qui en 60 ans a transformé l’atmosphère politique et sociale européenne. La Restauration, après l’ère napoléonienne, sauva une partie des conquêtes de 1789.

Le cycle révolutionnaire de 1820-1830 contribua à étendre les concessions. Et ceux de 1848 étaient achevés. La date de 1848 complète la série des cycles révolutionnaires de la première moitié du XIXe siècle. Fermer tout un processus de transition de l’Ancien Régime au Nouveau Régime Libéral.

Les révolutions de 1848 ont clairement montré que les classes moyennes, la bourgeoisie, le libéralisme, la démocratie politique, le nationalisme et les classes ouvrières allaient être désormais les éléments permanents du paysage politique.